Un modèle vivant

Robert Mesuret, photographie, studio Alix. Auteur du catalogue Le canal royal de la Provence de Languedoc. 1667-1790. Toulouse, 1967
Robert Mesuret, premier conservateur du musée Paul-Dupuy, ouvre son catalogue avec ce bel extrait de la tragédie Médée de Sénèque (vers 714-718).
Suivant son modèle, nombreux sont ceux « qui ont loué en vers comme en prose, par la plume autant que par la pointe ou par le burin (…) la gloire du Canal Royal autant que son tracé à travers les champs du Languedoc ».
Gloire que l’on retrouve ici, illustrée dans la présentation de dessins réalisés d’après le modèle très vivant qu’est le canal du midi.

Les fleuves, dont le cours fut détourné, furent contraints de suivre des voies nouvelles, les rochers brisés empêchèrent Alcide de mourir. Ils ont triomphé, ces travaux d’Hercule, toi qui, à travers de prodigieux espaces, établis un commerce entre deux mers. (cité par Robert Mesuret)
De Toulouse…


Léon SOULIE, (Toulouse, 1804- Toulouse, 1862) L’Ecluse Bayard à Toulouse . Aquarelle, Musée des Augustins, RO 607
L’Édit de 1666 autorisant la construction du Canal érige la voie d’eau en fief dont le seigneur obtient le droit de construire des moulins à moudre le blé. Cette activité représente une source importante de revenus pour Pierre-Paul Riquet et ses descendants.
Le moulin et l’écluse double de Bayard sont tous deux construits en 1670. Le moulin est abandonné au milieu du XIXe siècle et menace ruine lorsqu’il est partiellement détruit en 1909. La dérivation est encore ponctuellement utilisée aujourd’hui et la partie basse du moulin subsiste, enchâssée dans le tablier du pont Bayard, l’actuel pont du 19 mars 1962.
Riquet fait construire neuf moulins, dont trois à Toulouse : les moulins de Bayard, de Matabiau et des Minimes. Ils sont placés à des endroits offrant un dénivelé important, c’est-à-dire essentiellement au bord des écluses multiples. Ils utilisent les eaux excédentaires du Canal grâce à un canal de dérivation creusé parallèlement aux écluses.

…À Sète


