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Les cartes postales

Riche de 40 000 pièces, cette collection présente plusieurs procédés de reproduction photomécanique depuis le début du XXe siècle (collection Labouche), jusqu’à la carte postale moderne.
Elle documente de façon détaillée les monuments, l’urbanisme et la vie quotidienne dans la région toulousaine, les Pyrénées, et plus largement dans le Grand Sud-Ouest. A noter, un fonds intéressant sur la guerre de 14-18.

LA COLLECTION LABOUCHE

Carte postale, le marché place du Capitole à Toulouse

Les cartes postales de la maison Labouche représentent un ensemble mythique pour les collectionneurs, les historiens et les iconographes du grand sud-ouest, car elles composent un témoignage ethnographique d’une richesse unique, offrant un panorama quasiment universel de la vie quotidienne dans notre région entre la fin du XIXe siècle et la Première guerre mondiale.
À une époque où la photographie, par sa nouveauté, suscitait un enthousiasme à la fois scientifique, artistique et populaire, les photographes de la maison Labouche ont fixé sur leurs plaques de verre les images d’une société aujourd’hui disparue.
Créé en 1848 sous les arcades du Capitole, l’atelier de lithographie d’Hector Labouche entre véritablement dans les annales de Toulouse au début du 20e siècle, quand ses deux fils – Lucien et Eugène – se spécialisent dans l’édition de cartes postales. Des images lithographiées (10 cartes intitulées « Types toulousains ») constituent encore la toute première série éditée en 1900.

De la lithographie à la phototypie

Cependant, dès 1901, la maison prend le virage de la phototypie*. Elle publie alors la série « Sites et monuments du Sud-Ouest » puis « Types toulousains » en 1902,. Elle élargie ensuite sa production aux Types méridionaux. Ces séries représentent une large part de la collection du musée Paul-Dupuy. En 1905, la publicité vante « une unique en France de plus de 5000 sujets de vues et sites de la région des Pyrénées et du Sud-Ouest, en cartes postales et panoramiques. » En 1907, la collection atteint les 10 000 sujets.

Fin de l’activité

Vingt-cinq ans après, quand l’activité créatrice de la maison Labouche prend fin, elle en comprend 30 000, sans cesse réédités. En 1993, le conseil général de la Haute-Garonne acquiert l’intégralité du fonds de documents photographiques de la maison Labouche (négatifs sur plaques de verre ou de nitrate de cellulose, tirages photographiques et cartes postales éditées).

*Phototypie : technique de reproduction photomécanique dérivée de la lithographie. Le négatif photographique est appliqué sur une plaque de verre grainée. Puis elle est enduite de gélatine bichromatée. Cette dernière devient insoluble à l’eau après avoir été exposée à la lumière. Le tout est ensuite encré. Comme pour la pierre lithographique, les parties insolées retiennent l’encre grasse, tandis que celles non insolées la repoussent. Appelée aussi photocollographie, héliotypie, albertypie, en allemand lichtdrûck (impression par la lumière), en anglais collotype. Elle connut une large diffusion à partir des années 1890,. En effet, le rendu avait la qualité d’une photographie, sans les longs et fastidieux travaux liés aux tirages de l’époque. Elle fut notamment beaucoup utilisée pour les reproductions de masse, comme les illustrations ou les cartes postales

Pour aller plus loin :

Dalzin (Claire), Gens de Haute-Garonne. Cartes postales de la maison Labouche. Somogy/Archives départementales de la Haute-Garonne, 2006.