Le canal cliché
Les Ponts Jumeaux : du dessin à la photographie
Les Ponts jumeaux, à l’image du canal du Midi, sont à la fois un ouvrage technique et un monument symbolique, marquant la transition vers un système de navigation plus moderne à Toulouse.
Les Ponts-Jumeaux ont été construits en même temps que le creusement du canal de Brienne entre 1768 et 1776. L’ensemble répondait à l’instabilité de la Garonne. En effet, à cet emplacement, le canal du Midi rejoint la Garonne. L’écluse de Garonne (voir Le temps des travaux) qui avait été conçue dès l’origine du canal n’était pas suffisante pour gérer les crues du fleuve. Les Ponts-Jumeaux inaugurés en 1776 étaient bien au nombre de deux : celui du canal du MIdi et celui du canal de Brienne. Le 3e pont , a été construit à l’identique en 1838 lors de la création du canal latéral à la Garonne.
Le bas-relief de François Lucas, 1772-1775
Œuvre majeure du sculpteur toulousain François Lucas (1736-1813), ce bas-relief en marbre de Carrare a été commandé par les États de Languedoc en 1773. Le musée Paul-Dupuy possède une esquisse du projet du sculpteur, qu’il a également gravé (voir ci-dessous).

François Lucas, Esquisse pour le bas-relief des Ponts-Jumeaux, encre et lavis, 1773. Inv. 171.

François Lucas, Anaglyphum Tolosanum, eau-forte. Inv. 1010.

« La sculpture allégorique représente au centre l’Occitanie tenant le gouvernail d’une barque ornée de la croix du Languedoc. Elle ordonne à deux génies de creuser le canal pour la « commodité et sûreté de son commerce ».
Le Canal est personnifié par un homme barbu, le bras gauche appuyé sur une urne.
Les génies sont placés devant une écluse derrière laquelle se profile une voile de bateau. Entre la voile et la tenture centrale, on peut voir un panorama de Toulouse sur lequel on aperçoit le dôme des Chartreux.
A droite la Garonne, tenant une corne d’abondance, encourage de la main un génie laboureur qui tient une charrue tirée par des bœufs.
L’Occitanie représente les États du Languedoc, financeur du projet. L’action de la Province permet d’amener la prospérité et la fertilité à la ville de Toulouse, personnifiée par la Garonne »
(« Ponts Jumeaux (canal du Midi et canal de Brienne) », notice no IA31170003, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture)

Bas-relief des Ponts-Jumeaux, photographie de 1971. Inv. CEE009.13.3

Toulouse. Les Ponts-Jumeaux, inv. 009.0.605

Bateaux-mouches. Toulouse. Ponts-Jumeaux…, lithographie, 1907. Impr. RIOU L, B SIRVEN. Inv. AF 6189
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Le port de l’Embouchure
Le canal du Midi commence au port de l’Embouchure à Toulouse. C’est le point de convergence des trois canaux : le canal du Midi, le canal de Brienne et le canal latéral à la Garonne. Ce bassin réunit toutes ses eaux avant le partage marqué par les trois arches des Ponts-Jumeaux.

Et même dans notre assiette…

Assiette faisant partie de la série Vue de Toulouse. Embouchure du canal. Inv. 6666. Faïence Fouque & Arnoux, 1827-1829. Inv. 6666

Détail de la planche d’impression pour les assiettes de la fabrique Fourque & Arnoux. eau-forte, 1827-1829. Inv. 58_81_3682.
La passerelle Négreneys (ou le pont aux chèvres)

C’est une passerelle atypique qui fait couler beaucoup d’encre depuis sa création en 1892. Elle relie le quartier des Chalets, en rive gauche, au quartier de Croix-Daurade. Sa courbure insolite n’en facilite pas l’ascension. Les accidents sont parfois relatés dans la presse pour alerter les autorités.
Les différentes cartes postales montrent que sa structure était alors métallique. En effet, selon l’article paru en 1935, elle avait été réalisée par les ateliers de construction Seret-Martin. Ils ont disparu au début du XXe siècle. On retrouve le nom de cette entreprise dans les archives des Etablissements Brusson Jeune (1872-1999, Villemur-sur-Tarn, Fabrique de pâtes alimentaires, biscottes, biscuiterie, pains, et produits de régime, voir le site des Archives de Haute-Garonne).
La passerelle de 1892 à 1958
12 décembre 1900 : la lettre d’un riverain est publiée par la Dépêche. Il relate l’accident sur cette passerelle et en profite pour demander la construction d’un pont tournant à la mairie. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4116269v/

25 mars 1935 : « L’élégante mais antique passerelle Negreneys qui dessine sur le canal, au dessus du faubourg et du clocher des Minimes, son Joli geste en anse de panier, va-t-elle céder la place à un pont ?” s’interrogeait la Dépêche en 1935 (Gallica.bnf.fr).




Inv. D 53.16.2264


Toulouse : la passerelle Negreneys sur le canal du Midi. – Toulouse : phototypie Labouche frères, marque LF au verso, [entre 1905 et 1925]. – Carte postale. Archives Haute-Garonne, 26 FI 31555 1574)
1958 : Elle n’est en fait démolie qu’en 1958 et remplacée par une nouvelle passerelle en béton, qui n’est pas davantage accessible mais dont la courbure paraît plus douce.
La passerelle de 1958, en juin 2026



Depuis 2024 : des marches particulières sont ajoutées. Elles ne font pas l’unanimité comme le montre l’article dans l’Opinion. https://lopinion.com/articles/actualite/22001_toulouse-passerelle-negreneys-interroge-riverains (article de 2024). En fait, la pente est telle que pour dissuader les deux roues et les cyclistes de l’emprunter, la mairie a retravaillé l’infrastructure avec un emmarchement dit « à pas de mule ».
Malgré les différentes transformations, son esthétique reste très photogénique. Elle n’a pas manqué de séduire l’oeil des photographes depuis sa création.
Négreneys ou Negreneis viendrait de l’occitan « nausa negra », « mare noire », « boueuse », ce qui correspondrait bien à cette zone plate appelée alors la grande lande, aux eaux stagnantes par manque de pente. Par inversion des termes, l’expression serait devenue « negra naura » d’où le toponyme actuel Negreneys.
Une affiche iconique !
En 1952 une affiche est réalisée par Louis DUGUY, de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse pour la 21e Foire de Toulouse.
Haute en couleurs, l’artiste a amalgamé les silhouettes des différents monuments, lieux et symboles iconiques de la ville de Toulouse.
1952-2026 : une skyline toulousaine identique
On retrouve les mêmes lieux, les mêmes motifs architecturaux qu’aujourd’hui : le porche-clocher de Notre-Dame du Taur, le clocher de Saint-Sernin, le dôme de la Grave, la façade si particulère de la cathédrale Saint-Etienne, la croix occitane, la violette, la brique…. et le canal du Midi bordé de platanes.


Pêle-mêle de clichés !
Point final de l’exposition virtuelle avec cette carte du canal royal du Languedoc, support d’un pêle-mêle d’images, de cartes, partitions et de vignettes par François de Picarel, officier de Cavalerie. Ce dernier avait épousé la nièce et héritière du dernier représentant de l’illustre famille toulousaine d’Assézat. Il a ajouté ce patronyme au sien après 1788.

François-Anne-Joseph de Picarel d’Assézat, Trompe-l’oeil à la carte du Languedoc,
Plume et encres noire et rouge, pinceau et encre noire, aquarelle et gouache. 1792, inv. 98.1.1

