Dans la peau de l’homme
« L‘anthropomorphisme désigne une tendance à attribuer aux objets naturels, aux animaux et aux dieux des caractères propres à l’homme ».

Si Jean de La Fontaine déclarait « [se servir] des animaux pour instruire les hommes », l’affiche publicitaire va, très tôt, les utiliser avec brio pour mieux leur vendre des biens de consommation.
Les affichistes déclinent l’anthropomorphisme selon deux approches graphiques complémentaires, quoique très différentes visuellement.
L’animal grisé par les produits humains


D’une part, l’approche classique, qui consiste à prêter à l’animal des sentiments ou des actions humaines, tel le singe se régalant de l’anisette Evangelisti, ou les ours de Gus Bofa s’emparant des chaussures d’un randonneur.
L’habit fait l’Homme…
D’autre part une approche plus radicale, consistant à mettre littéralement l’animal « dans la peau de l’homme » en l’habillant et en le faisant agir comme tel. La plus célèbre de ces figures ne pouvait échapper aux affichistes : le Chat botté, créé par Charles Perrault au XVIIe siècle, est réinventé graphiquement par Léon Gischia dans les années 1930. Vêtu en mousquetaire et doté d’un visage géométrique, il devient l’emblème des Laines du Chat Botté.

De la même façon, les deux publicités de la marque de corsets Le Furet utilisent graphiquement la silhouette élancée de l’animal pour évoquer l’objet de constriction. De façon littérale avec le « furet chef de gare » et sa ceinture de maintien, de façon métaphorique avec le corser féminin mis en scène sur fond de silhouettes de furets.


Ou l’art d’associer un animal plutôt mal aimé du public et une pièce de lingerie chargée d’érotisme !

